Au Texas, à une heure de l’exécution

Il lui restait 45 minutes à vivre quand tout s’est arrêté. Ou quand tout a  recommencé.

15 ans de vie suspendue dans le couloir de la mort Texan pour un triple-meurtre qu’il a toujours nié. Hans Skinner, ferré dans sa combinaison orange avançait vers la salle d’exécution, prêt à être exécuté quand l’agitation des gardiens fit naître en lui les premiers doutes, rejaillir en lui une lueur d’espoir, sentiment qu’il avait oublié depuis longtemps. Depuis des années Sandrine, sa femme, française l’épaulait, se battait de l’autre côté des barreaux pour que l’on pousse l’enquête. Le mari qu’elle avait épousé alors qu’il était déjà emprisonné ne pouvait être le monstre qui avait battu à mort sa compagne et poignardé les deux enfants de celle-ci.

La seringue mortelle avait été remplie quand les interventions du Quai d’Orsay ont finalement été entendues. Le Texas a plié. Ils vont autoriser les tests ADN qui pourraient le disculper.

Il regagna sa cellule les épaules tombantes mais portant son cœur très haut dans la poitrine. Il battait à nouveau. Un avenir se dessinait peut-être pour lui mais il redécouvrait également l’angoisse. Lui qui avait appris à se résigner risquait une nouvelle déception. Et si la justice concluait à nouveau à sa culpabilité ? Et si elle n’admettait pas qu’il était inconscient, drogué, le soir du drame.

La nuit tombait lentement sur la prison de Huntsville. Hans sombrait dans un profond sommeil, peut-être celui du juste. Dans la cellule qu’il ne pensait plus retrouver, il imaginait sa journée du lendemain, une journée qu’il n’avait pas prévu de vivre.