Japon 2024.

Elle marcha dans sa direction et s’assit à côté d’elle :

– Je te vois très souvent ici, tu aimes la gymnastique on dirait ?

– Oui, ça a toujours été ma passion. Alors, dès que je le peux, je demande à mes parents de me déposer à l’entrée. Ils savent que ça me fait du bien de venir voir les filles s’entraîner.

– Elles sont douées, hein ?

– Oh oui, c’est incroyable  ce qu’elles sont capables de faire. J’ai l’impression que leur niveau augmente chaque jour. C’est vrai, leurs erreurs se font de plus en plus rares, vous faites du très bon travail.

– Je ne te demandais pas ça pour que tu me complimentes, tu sais ! Mais merci, c’est bon signe si quelqu’un de passionné comme toi remarque leur progrès. Bien sûr c’est beaucoup de travail mais je crois aussi que la perspective des Jeux Olympiques leur donne des ailes.

– Je suis sûre qu’elles ont toutes leurs chances pour monter sur le podium l’année prochaine. Ca me paraissait loin 2024 quand je suis venue les premières fois il y a deux ans. Et maintenant, il ne reste plus qu’une petite année avant le grand jour.

– Je ne sais même pas comment tu t’appelles…

– Michiko.

– Alors, je n’avais pas eu l’occasion de te le dire jusqu’ici Michiko mais sois la bienvenue ! Et j’espère que tu continueras à venir régulièrement soutenir l’équipe. Ca leur fait très plaisir qu’il y ait du monde pour les encourager.

– Merci beaucoup. Vous savez, je suis très émue que vous soyez venue me parler, c’est un honneur.

– C’était bien la moindre des choses !

– Je vais devoir partir maintenant.

– Je t’accompagne jusqu’à la sortie ?

– Oui, je veux bien, merci.

Elle se releva et saisit les poignées de la chaise roulante de Michiko. Toutes deux s’éloignèrent et disparurent derrière la double-porte battante du gymnase.

Michiko est née handicapée en octobre 2011, à une dizaine de kilomètres de la ville de Fukushima.