Mes cendriers de Florence Delay

Des dizaines de cendriers rappellent à Florence d’où elle vient, son père, ses élèves, l’Espagne, sa sœur, Paris et ses amis. Dans chacun d’eux, elle écrase des mégots et exhume ses souvenirs. La fumée l’inspire, ses volutes l’invitent au souvenir hypnotique de scènes du passé, souvent tendres.

Florence aère les pièces qu’elle enfume comme les paragraphes d’un roman parfois brumeux où son style Franco-Académique (elle y fut élue en 2000) pèse parfois sur des mots légers que l’on souhaiterait davantage voir s’élever vers les plafonds jaunis des bureaux où elles noircit ses pages comme ses poumons.
– Respiration-
– Expiration-

Florence, ses cendriers, elle les casse, elle les emporte aussi, pour ne pas laisser traîner ses mégots dans la rue. Elle les déplace, elle les fige, elle les oublie. Elle les remplit, elle les vide. Ils renferment ses souvenirs, son histoire, plus encore que ce livre qui oscille entre délicats moments de poésie et introspection quasi épistémologique quand son style devient plus dense, moins aérien.

Florence embarque presque un lecteur d’un bout à l’autre, le tirant entre ses doigts. A chaque expiration, quelque poids le retient au sol, l’empêchant de s’envoler en fumée aussi haut que l’ouvrage l’y invite.