Métier : à tisser et prof de maths

Il avait décidé d’en découdre une fois pour toutes (et égales par ailleurs) avec l’ourlet de son pantalon, quoiqu’il fut lui-même court sur pattes. Il les préférait d’ailleurs al dente et celles pas assez cuites dont il s’était repu à la cantine pesaient trop lourd dans son estomac pour qu’il se concentrât sur le calcul de la longueur de ses points plutôt que sur celui du volume qu’occuperait un café additionnel.

A ce moment précis, le narrateur reprit son souffle et le lecteur respira un grand coup.

De fil en aiguille il parvint à maîtriser le dernier pan de tissu tandis que les premières notes chaotiques de flûtes (d’un autre Pan bien moins connu et utile à notre histoire) s’achapaient de la classe de musique adjacente à la salle des professeurs.

Sa surpiqûre était parfaite, pas folle la guêpe ! Il pouvait enfin réajuster sa veste en nid de poule et regagner sa basse-cour où bourdonnait une horde d’élèves indisciplinés mais jeunes donc excusables. Jeune, c’est synonyme de bruyant après tout.

Il entra dans la classe qui se calma aussitôt. il n’avait jamais compris cette austérité que l’on associait à sa matière. Elle était pourtant douce, chaleureuse. Facile à porter aux nues pour un peu que que l’on repassât avec soin ses leçons, comme il le faisait avec ses cols de chemise. De la sienne (enfin une autre, cartonnée celle-là…), il sortit les énoncés. Interrogation pour les apprentis qui déjà s’afféraient comme de petites couturières à cacher leurs antisèches. Tricher aussi c’est un métier